imazighen imoula

imazighen imoula
Ferhat Mehenni est né le 5 mars 1951 à Illoula en Grande Kabylie, Algérie. Fils de combattant, la guerre de libération lui ravit son père le laissant très tôt orphelin. Admis tardivement à l'école primaire des enfants de Martyrs à Alger où il fait face pour la première fois au problème linguistique, il découvre sa différence identitaire et du même coup la stigmatisation dont les Berbères font l'objet.

À l'âge de dix-huit ans, il est forcé de quitter l'école pour gagner sa vie et venir en aide à sa famille. Cependant, parallèlement à sa vie professionnelle il prépare et passe avec succès son baccalauréat, ce qui lui permet d'entrer à l'Université d'Alger où il étudie les sciences politiques. C'est là qu'il fait la connaissance de ceux qui deviendront ses compagnons de lutte. Ensemble ils collaborent à la publication de deux revues « Taftilt » (Lumière) et « Itri » (Étoile) dans lesquelles ils formulent leurs revendications culturelles et linguistiques.

Dès 1967, il s'initie au métier d'auteur compositeur. Deux ans plus tard il est l'invité d'une émission de radio et en avril 1973 il participe au festival de la musique moderne avec son groupe Imazighen Imoula (Les hommes libres du Nord) où il gagne le premier prix.

Ferhat Mehenni est le premier chanteur à poser en termes clairs le problème de l'identité berbère. Son répertoire composé essentiellement de textes engagés dérange dès lors le pouvoir algérien habitué à bâillonner la moindre voix dissidente et prompt à juger subversive toute initiative qui n'a pas l'heur de lui plaire. Cela n'empêche pas Ferhat de prendre part en 1976 au débat sur la Charte nationale en posant la question berbère dans toutes les assemblées ; se faisant la sécurité militaire (SM) le repère ne le lâchera plus. Le 30 octobre 1976 à 6h00 du matin, la SM force la porte de sa chambre à la Cité universitaire et l'arrête dans son sommeil. Après une garde à vue de vingt-quatre heures dans des conditions odieuses, il est fiché et relâché.

En octobre 1977, il obtient sa licence en sciences politiques et après avoir tenté de travailler dans plusieurs sociétés d'État, il décide en 1978 de partir en France pour rejoindre la coopérative berbère Imdyazen ; il en devient rapidement membre actif et lui cède les recettes de ses prochains disques. Militant convaincu de la cause berbère, il est de tous les combats. En mai 1979 il participe, en France, au festival de la chanson engagée et moins d'un an plus tard il se retrouve en première ligne des manifestations du Printemps berbère, à Tizi Ouzou, en Algérie.

Avec les événements de 1980, l'implication de Ferhat va s'intensifier et sa détermination aussi. En interdisant le 11 mars 1980 à l'écrivain Mouloud Mammeri de donner une conférence sur la poésie berbère ancienne à l'Université de Titi Ouzou, le gouvernement algérien venait de donner le coup d'envoi à un mouvement de revendication généralisé à toute la population berbère. Repéré par le régime comme l'un des acteurs fondateurs du mouvement, il est arrêté le 16 avril. Relâché quelques jours après, il reprend ses activités d'animateur culturel avec l'écrivain Kateb Yacine. À partir de 1981 il collabore à la revue du Mouvement Culturel Berbère, « Tafsut » (Printemps).

D'autre part, sa situation d'enfant de martyr de la révolution le rapproche de ceux et celles qui partagent sa condition d'orphelin de guerre laissé pour compte. Avec d'autres, il fonde le Comité des enfants de Martyrs, ce qui lui vaut d'être l'objet d'intimidation et de surveillance accrue. Le 15 décembre 1982 on lui confisque son passeport pour l'empêcher de se rendre à l'étranger (il ne lui sera rendu qu'en 1988), tout en l'interdisant de scène en Algérie. En février 1985, il est arrêté et emprisonné à Tizi Ouzou. Ainsi pense-on le bâillonner, mais c'était mal le connaître. Dès sa sortie de prison il participe, le 30 juin 1985, à la fondation de la Ligue Algérienne des droits de l'Homme et siège au Comité de direction.

Le 17 juillet 1985, Ferhat est de nouveau arrêté à 6h00 du matin devant ses enfants, chez lui à Azazga, pour avoir voulu déposer en marge des cérémonies officielles une gerbe de fleurs sur le sanctuaire des Martyrs. C'est sa douzième arrestation, il est accusé d'atteinte à l'autorité de l'État. Incarcéré à la prison de Berouaghia, il est transféré dans le quartier des condamnés à mort. Torturé, tenu dans l'isolement le plus total, il fait une grève de la faim pendant 12 jours. Il passe en jugement à la Cour de la Sûreté de l'État et se voit transféré à la prison de Lambèse, près de Batna dans la région des Aurès. Dans cette prison tristement célèbre pour les pires sévices qu'on y subit, il est d'emblée accueilli par des gardiens armés de matraques et de barres de fer qui lui cassent le nez avant de le mettre au cachot où il restera plusieurs jours sans soins. Il est finalement libéré en 1987, bénéficiant d'une grâce présidentielle, à la suite d'une campagne de pression menée par la Ligue Internationale des Droits de l'Homme.

En 1989, il crée avec quelques compagnons, notamment le Docteur Saïd Saadi, le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont il devient Secrétaire national à la culture. Croyant au vent de démocratie qui commence à souffler sur l'Algérie, Ferhat décide de quitter la chanson pour se consacrer à la politique, mais il est rapidement désillusionné. En effet, l'arrivée des islamistes en 1991 et l'assassinat de Mohamed Boudiaf, rentré d'exil pour présider aux destinées du pays, jettent l'Algérie dans le chaos. Les femmes et les intellectuels tombent comme des mouches sous les balles et les couteaux des islamistes ; plusieurs d'entre eux sont de vieux amis et compagnons de route de Ferhat.

Loin de se laisser déstabiliser par le tourbillon des horreurs qui surviennent chaque jour, le poète retourne à la chanson, pour mieux exprimer sans doute les sentiments contradictoires qui animent l'Algérie toute entière. Il demeure cependant en politique puisqu'en 1993 il est élu président du Mouvement culturel berbère (MCB).

Sentant que les graves préoccupations du moment allaient donner au gouvernement un prétexte tout désigné pour mettre une fois de plus la question berbère de côté, il décide de créer la Coordination nationale du mouvement culturel berbère pour donner un nouvel essor au combat identitaire. Il lance un appel au peuple pour le boycott de la rentrée scolaire et universitaire ; l'appel est entendu et suivi. Le gouvernement accepte de négocier, mais en employant de vils moyens puisqu'il s'agit de dresser contre lui ses propres amis pour l'obliger à quitter la direction d'une organisation qu'il a lui-même fondée.

Inlassable, il crée, en 1995, le Rassemblement national amazigh, dont l'objet est de rassembler tous ceux qui luttent pour la reconnaissance de l'identité berbère. Entre temps, Ferhat est pris en otage par les intégristes islamiques dans l'avion d'Air France qui le ramène à Paris, en décembre 1994. Une fois de plus, son sang froid le sauve : au pirate de l'air qui lui promet de l'abattre, il réplique « en me tuant vous rendrez service au gouvernement ».

Dans cet avion qui le mène peut-être vers la mort, Ferhat Mehenni devait sûrement penser qu'à défaut d'avoir atteint le but pour lequel il a consacré sa vie, il n'aura pas tout à fait perdu son temps. En effet, les étudiants de tous les niveaux ont tenu le coup et après huit mois de « grève du cartable », le gouvernement finit par créer le Haut Commissariat à l'amazighité, admettant par le fait même l'existence de la réalité berbère. Le résultat est peut être mince, mais c'est un premier pas et non des moindre puisqu'il fait triompher l'Histoire. Rappelons en effet, qu'il n'y a pas si longtemps les enfants apprenaient à l'école que la présence de la vie humaine en Afrique du Nord commençait avec l'arrivée des Arabes.

À compter de 1995, Ferhat s'installe en France où il vit avec sa famille. Mais fidèle à ses engagements et à son idéal, il continue la lutte pour la culture et la démocratie. De par sa détermination, il a su insuffler le courage et la fierté à toute une génération de jeunes en mal d'être, car la jeunesse Kabyle est loin de baisser les bras. Devant l'inertie du pouvoir à régler le problème identitaire et de démocratie, toute la région berbère de Kabylie s'est soulevée pour réclamer la levée de l'ostracisme qui frappe la culture berbère depuis l'indépendance de l'Algérie, en 1962.

Incapable de laisser faire, Ferhat réinvestit de nouveau le terrain politique en prenant l'initiative avec d'autres personnes de fonder en juin 2001, le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), afin de proposer au peuple berbère de Kabylie une autre alternative pour se sortir des mains d'un pouvoir qui envoie son armée tirer sur les jeunes. Cette initiative aura peut-être le mérite d'ouvrir de nouvelles perspectives pour l'avenir de la Kabylie qui vit depuis plus de 40 ans dans une forme d'incarcération sociale
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# Posté le mardi 11 décembre 2007 09:53

le micro brise le silence

le micro brise le silence
MBS, « Le Micro Brise le Silence ", fait parti de ces groupes présents sur la scène culturelle et musicale Algérienne. Ces groupes qui offrent une alternative à l'expression de la jeunesse autre, que le rai aujourd'hui en proie à l'usure.





MBS, c'est l'histoire de quatre jeunes algérois passionnés de musique, de rap et de "révolution musicale". M'hand très influencé par le rap français, Red One (redwane) inconditionnel du rap Américain, Yacine spécialiste des arrangements et Rabah issu du groupe " R-boyz", premier groupe de rap algérien ! Tous les quatre grandissent à Hussein Dey, quartier populaire d'Alger. Ils se rencontrent au lycée et commencent à organiser des concerts hip-hop, dès 1993.

Et MBS ose ! C'est dans un mix unique, que le groupe intègre au son hip-hop urbain, des mélodies traditionnelles, tirées du patrimoine algérien. Leurs textes reflètent le malaise de toute une génération d'algériens, engagés et conscients de leurs problèmes. Leurs couplets sont lourds de sens, et l'ensemble donne une touche exceptionnelle à leur musique qui finit par séduire Chérif Aflah. C'est Rachid Doufaine, artiste et producteur spécialiste de la musique Touareg, qui les présente. Cherif Aflah craque immédiatement sur le son de MBS, prend le pari de les produire et c'est parti ! Ainsi né en 1997, le premier album de rap algérien « Ouled El Bahdja » (les enfants de la radieuse), signé MBS. L'album connaît un tel succès (60 000 cassettes vendues en quelques mois), qu'un deuxième opus, « Aouama » (nageurs) sort en novembre 1998.

Après un très fort engouement du public sur le territoire national, M'hand, Red One, Yacine et Rabah ne s'arrêtent pas là ! Invités par Beur FM à participer au concert « L'Algérie à Paris », ils "mettent le feu" au Zénith, le 1er novembre 1998. A leur côtés, Cheb Yazid, Khaled et Cheb Mami.

Un troisième album, « Le Micro Brise Le Silence », voit le jour en Novembre 1999. Production plus étoffée, MBS s'est discipliné, a appris à maîtriser ses pulsions, ses sentiments. La musique de MBS véhicule les aspirations d'une jeunesse qui ne cesse de crier son désespoir, les massacres et les abus de l'armée, le chômage...

Conscients de la chance qu'ils ont eu de sortir indemnes d'Algérie, les quatre artistes restent fidèles à leurs engagements, tant musicaux que militants. C'est beau la constance !

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# Posté le mardi 11 décembre 2007 09:58

INTIK

INTIK
Intik est un groupe de rap algérien, né sur les cendres des manifestations d'Alger à l'automne 1988. Quatre jeunes manifestants (ils ont alors entre dix et quatorze ans) en sortent totalement transformés. Intik naît dans la douleur, dans la révolte. La signification du nom du groupe, est ça baigne en argot algérien, comme un pied de nez pour dire que rien ne va. Reda, alias Daddy R, et ses complices affûtent leurs textes comme des couperets pour installer leur rap au pays du raï. Quelques concerts dans des salles obscures assurent la pseudo promotion de ce groupe clandestin interdit d'antenne. En décembre 1998, Intik débarque en France, invité par Imhotep, l'architecte sonore d'IAM, pour participer au festival Logique Hip Hop à Marseille. Intik tourne dans l'Hexagone et participe aux freestyles et aux concerts Stop la Violence. Il fait son entrée sur la scène rap en janvier 2000 avec son premier album éponyme. Le groupe rappe en argot algérois et en français, mélangeant hip hop, reggae, chaâbi, raï et soul. 2001: le groupe sort l'album La Victoire
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# Posté le mardi 11 décembre 2007 10:04

BAAZIZ

BAAZIZ
Baaziz, de son vrai nom Abdelazziz Bakhti, chanteur né en 1963 à Cherchell, à 90 kilomètres à l'ouest d'Alger, sur la rive méditerranéenne.

Passionné de musique, il s'initie au maâkous, genre musical satirique qui détourne les chansons traditionnelles en faisant passer un message. Il se fait d'abord connaître par la scène, à partir de 1989, avec sa reprise Ya Hasrah Kikount Esseghir. En 2004 sort un album intitulé Café de l'Indépendance qui l'a fait connaître sur la scène internationale, chanté en deux langues : français et arabe algérien.

Ce jeune chanteur est controversé pour ses chansons engagées (c'est un « m'roufez ») qui n'hésite pas à tirer à boulets rouges sur le pouvoir algérien et sur les islamistes. Il est souvent qualifié de rebelle et n'hésite pas à fustiger les présidents en place. L'interprétation dans une émission télévisée en direct d'une chanson contre les généraux algériens lui vaudra une interdiction d'antenne publique et l'interruption de sa tournée. L'annulation de plusieurs concerts l'obligera à partir vivre en France. Il est l'initiateur de Algérie mon amour, chanson interprétée en groupe par la plupart des chanteurs algériens vivant en France et en Algérie. Cette chanson, en rappelant l'attachement de ces chanteurs à l'Algérie, écorche le pouvoir en place.

Ses chansons abordent aussi bien les thèmes de la difficulté d'intégration des immigrés d'origine maghrébine que la difficulté à exister en tant qu'artiste indépendant. Il a aussi été remarqué pour son magnifique hommage rendu à Matoub Lounès, grand chanteur de la chanson berbère.

Musicalement, il s'oriente principalement dans le genre country. Il est connu aussi pour avoir repris en arabe algérien des chansons du chanteur français Renaud (Baaziz est d'ailleurs un grand fan de Renaud et de plusieurs grands noms de la chanson Française, notamment Brassens). Cette chanson a eu beaucoup de succès, autant pour sa musique - Hexagone de Renaud - que pour les paroles déchirantes, voire subversives Annaya el youm je m'en fous (« Moi aujourd'hui je m'en fous »). Il y parle de la situation quasiment militaire en Algérie (« dans tous les coins il y'a un barrage militaire »), de la jeunesse et du malaise quotidien qu'ils vivent, de la situation de la femme algérienne réduite à une éternelle mineure (« la femme est considérée comme une vache, elle ne sait ni lire ni écrire »)..



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# Posté le mardi 11 décembre 2007 10:09

GNAWA DIFFUSION

Gnawa Diffusion est un groupe musical créé le 27 juin 1992 à Grenoble autour d'Amazigh Kateb, fils de l'écrivain algérien Kateb Yacine et frère de la chanteuse du groupe MIG. Ses textes en arabe, français et en anglais et ses rythmes très métissés (Chaâbi, gnawa, rock, reggae...) explorent la richesse musicale de l'Afrique du Nord. Leur dernier concert en Afrique fut à Marrakech au festival des calèches avec la présence de Amine el Yacoubi, Youssef Choukhou et Anas Denden.

Membres

Amazigh Kateb : chant et guembri
Mohamed Abdenour : mandole, banjo, kerkab, ch½ur
Pierre Bonnet : basse
Philippe Bonnet : batterie
Salah Meguiba : claviers, percussions orientales, ch½ur
Pierre Feugier : guitare, ch½ur, karkabs
Abdel Aziz Maysour
Amar Chaoui : percussionniste, ch½ur
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# Posté le mardi 11 décembre 2007 10:15

Modifié le jeudi 13 décembre 2007 09:39